samedi 30 avril 2011

Le marché des Capucins : entre tradition et renouveau

Daniel David, 55 ans, est charcutier traiteur spécialisé dans les produits alsaciens. Philippe Bos, 48 ans, est ostréiculteur. Deux hommes qui se retrouvent face à face tous les vendredi et Samedi au Marché des Capucins de Bordeaux, place traditionnelle du commerce de proximité.

Daniel David, est le créateur de Choucroute et Compagnie, derrière son étalage de charcuterie et de produits de l’Est, il affiche un sourire assuré. Chroucroute et Compagnie, est un nom original qui lui a été inspiré par ses 15 années en tant que directeur artistique chez Publicis en région parisienne. Bon vivant, c’est un homme constamment en quête de renouveau et de nouveaux objectifs dans sa vie quotidienne. Passionnée de gastronomie, il a été restaurateur pendant 15 années dans un petit village du Maiine et Loire avant de se lancer de commencer son activité de charcutier traiteur. C’est grace à ses origines familiales qu’ils décident de vendre des produits alsaciens. Très expansif, il choisit les marchés pour exercer son activité  ou il recherche une proximité et un fort relationnel avec ses clients. Présent du Mardi au Dimanche, il s’est retrouvé aux Capucins par hasard. Après avoir cherché un emplacement dans toute la France, il apprend qu’une place se libère à Bordeaux. Il importe ses produits directement d’Alsace chez un grossiste reconnu et essait de faire lui-même quelques plats cuisinés. Proposer des produits nouveaux et différents est pour lui la clé du succès.

Philippe Bos, lui est plus discret. Il se tient droit derrière son banc d’huître et attend l’arrivée des clients. Ostréiculeur depuis ses 14 ans, il représente la cinquième génération de la production familiale. Implanté à Andernos, il vit au rythme des marées. Entre terre et mer, il a dédié toute sa vie à sa famille et son élevage, qui est sa passion. Venir au marché des Capucins et pour lui une histoire de famille, une évidence. C’est avec plaisir qu’il raconte que sa grand-mère venait aux Capucins avec son âne et sa charrette. Plus réservé, il exerce depuis 34 ans le même rituel et vient au marché des Capucins tous les Vendredi et Samedi. Directement, pris à la source, ils retrouvent chaque semaine les mêmes clients.

Un lieu commun:

Le marché des Capucins est pour les deux commerçants le canal principal de leur distribution. Ils y retrouvent une clientèle fidèle, nécessaire à leur commerce. Ils ne voient pas de grandes évolutions dans leur clientèle, mais sont tout de même satisfaits des pics de fréquentation du marché du Samedi midi, par exemple.
Il s’accordent aussi sur le fait que les Capucins sont en train de perdre en qualité : l’hygiène est à revoir, il y a des problèmes de normes et la circulation est difficile. Ils se sentent envahis par les camelots et sentent que le marché jouit d’une réputaion de plus en plus mauvaise, ce qui repoussent les clients.

Un lieu, deux visions :

Présents pour le même objectif commercial, Les deux commerçants ont deux visions bien opposées du marché des Capucins. Daniel David est enjoué, il aime le partage et espère un marché plus convivial. Il regrette le côté chaleureux qu’il espérait y trouver avec les autres commerçants. Philippe Bos, lui vient pour vendre ses produits. Après 34 ans, il a ses habitudes et reste dans son secteur du marché ou il connaît la majorité des commerçants.

Ils ne croient pas en la fin du marché des Capucins et de ses 80 exposants, mais ils espèrent un renouveau assez différent. Le plus grand regret de Philippe Bos est la disparition du marché traditionnel qu’il a connu. Il ne pense pas que le marché doit être un lieu de déjeuner et ne comprend pas l’implantation de restaurants. Il ne participe pas du tout à « la pratique Bordelaise » du Dimanche matin, qui est de déguster des huîtres et un verre de vin blanc en guise d’apéritif. Il laisse à ses collègues cette pratique et le Dimanche est le jour qu’il consacre à sa famille. Il voudrait un retour à l’essence des choses ou les marchés seraient uniquement un lieu de vente pour les producteurs. Daniel David, lui se veut plus progressiste, il voudrait suivre les tendances et verraient bien le marché ouvert toute l’après-midi. Il propose des produits qu’ils trouvent de qualité et pense que le renouveau du marché des Capucins est dans la diversification des produits. Il a un regard plus extérieur en tant que nouvel arrivant. Carriériste dans divers domaines, il croit aux tendances. La question est-ce que le marché des Capucins est capable de le suivre ?

    Vendredi 11h30, ils arrivent tout deux au même constat, il se pose des questions quand au futur des Capucins, ils ne croient pas à la fin mais ils cherchent tout de même de nouveaux canaux de distribution. Philippe Bos, vend de plus en plus directement au port et Daniel David rêve de créer sa propre boutique et compte aller vendre ses produits à Hossegor cet été.



Nouveau regard sur le marché des Capucins




Depuis 1947, le marché des Capucins est un lieu incontournable du commerce de proximité de Bordeaux. Daniel DAVID,57 ans, a choisi de s’y installer il y a 14 mois afin de devenir le premier charcutier traiteur de produits alsaciens de la place.

1.    Vous êtes arrivé il y a 14 mois au marché des Capucins, quel a été l’élément déclencheur ?


Après avoir travaillé 15 ans en tant que restaurateur dans un petit village du Maine et Loire, ma femme et moi avons décidé de changer de vie. Sans enfant, nous aimons nous donner de nouveaux objectifs et notamment dans le domaine professionnel.J’ai toujours été passionnée de gastronomie est donc je ne voulais pas changer de domaine réellement. Le métier de charcutier traiteur était pour moi un moyen d’exercer ma passion, mais il m’apporte une réelle relation avec la clientèle. Quand j’étais dans la cuisine de mon restaurant, c’était un réel manque.


2.     Vous habitiez dans le Maine et Loire, venir à Bordeaux est un changement radical. Le marché des capucins est une référence bordelaise et est répertorié dans les divers guides touristiques, est-ce que ça a été une motivation pour votre choix d’emplacement ?

Nous avons de la famille qui habite dans le Sud-Ouest et c’est une région qui nous plaît particulièrement, mais le choix de ce marché a été un pur hazard. Nous avons visité casiment tous les marchés de France et nous nous sommes rendus compte qu’il n’y avaient pas de places libres. La recherche a été longue et difficile, jusqu’au jour ou un emplacement s’est libéré au marché des Capucins.
En plein centre de Brodeaux, nous ne pouvions pas passer à coté de cette opportunité.

3.    Vous êtes né à Versailles, vous avez vécu quelques années en région parisienne, puis en Anjou. Quelle a donc été la raison de votre choix des produits alsaciens ?


Il s’avère en fait, que j’ai des origines alsaciennes, donc c’est une cuisine que j’ai toujours apprécié. Il faut dire que l’Est – il hésite – tout comme le Nord sont le cœur de la gastronomie française.
Après, lors de mes recherches d’emplacement, j’ai eu un réel coup de cœur pour un stand de produits alsaciens à Nantes. Enfin, j’ai étudié le marché bordelais et j’ai découvert qu’il n’y avait pa de concurrents à proximité. Les seuls sont à Bordeaux Lac et Mérignac, c’est ce qui m’a convaincu dans mon choix.

4.    Les capucins sont réputés pour être un lieu convivial, comment s’est déroulé votre installation sur le marché ?

L’installation a été difficile et très longue. J’ai eu beaucoup de problème avec l’ERDF et Direct Energie au niveau des formalités électriques et énergétiques. Personne ne savait qui avit l’emplacement avant moi. Il m’a donc fallu près de 4 mois pour m’installer et je n’ai reçu aucun conseil de la part des autres commerçants. J’ai été réellement déçu de voir cette indifférence, je m’atendais à un accueil plus chaleureux.

5.    Malgré cela, vos débuts au marché des Capucins semblent plutot encourageant…

Après 14 mois, l’activité commence à être fructueuse. Ma clientèle se fidélise, mais les débuts n’ont pas été les meilleurs moments.  Après avoir travaillé pendant 15 ans comme directeur artistique, il était normal pour moi d’accompagner mon lancement de communication. J’ai investi dans une annonce presse sur Sud Ouest pour près de 3000 euros et les retombées ont été mauvaises, voir nulles.
Le problème vient du marché qui est totalement laissé de côté par ses dirigeants. Son image est de plus en plus mauvaise et les clients n’ont plus envie de se déplacer jusqu’ici.

6.    Vous désignez le marché des capucins comme un endroit à l’abandon, pourtant c’est le marché le plus vivant de Bordeaux. Quels sont pour vous les plus gros problèmes ?

L’hygiène !! le sol est miteux, les toilettes ne sont jamais nettoyés et les peintures qui viennent d’être refaites sont dans un état lamentable. Rien n’est aux normes et les clients se plaignent du froid. Lors de mes recherches d’emplacement, j’ai découvert le marché couvert de Lyon qui est fabuleux, il devrait prendre de la graine !
En plus, il n’y a aucune possibilité de stationnement et le parking est hors de prix ! Les gérants proposernt aux clients 30 minutes de gratuité, mais qui est capable de faire ses courses en 30 minutes lorsqu’i l y a plus de 80 exposants. Il n’y a aucune authorité de régulation et de plus en plus de mendiants sont présent. Les clients n’ont plus envie de venir acheter mes produits ici !

7.    Ne pensez-vous pas que votre clientèle est restreinte à cause de la typicité de vos produits surtout dans une région aussi réputé pour sa gastronomie?


Contrairement à certains commerçants, je suis là tous les jours donc je pense que je fais le maximum pour attirer le plus de clients possible. Je suis pour l’instant le seul sur le marché donc la typicité est pour moi un atout. Ma clientèe se construit petit à petit. J’espère juste que des concurrents directs n’arriveront pas par la suite.


8.    Certains commerçants sont implantés la depuis très longtemps, comme les poissoniers et même si il y a 5 poissoneries sur le marché et ils et ils sont plutôt satisfait du résultat sur le marché des Capucins…


Les familles qui sont la depuis très longtemps ont réussi à se développer une vraie clientèle. Ensuite, je me suis rendu compte qu’il y avait de plus en plus de  grossistes,  ils cassent les prix du marché  et donne une image bas de gamme. La vocation des marchés est de proposer des produits de qualité, venant de la source et non pas de créer un « mini supermarché ». La concurrence est très rude ici et Geraud ne nous facilite pas la tâche. Au lieu de proposer des produits différents, ils ne cherchent qu’à vendre le maximum d’emplacements ! L’esprit de marché traditionnel a totalement disparu.

9.    Vous parlez de marché traditionnel mais vous avez récemment fait une demande pour augmenter l’amplitude horaire et ne pas fermer le marché à 14h…


Bien sur ! Tradition ne veut pas dire qu’il ne faut pas vivre avec son temps. Aujourd’hui, tout le monde ferme sa boutique dès12h30 ! Les gens ont un rythme de vie différent, vous pouvez aller à Nantes ou dans d’autres grandes villes, ils sont la toute la journée ! En plus,  d’avoir des conditions de travail déplorables on ne nous laisse pas la possibilité d’étendre notre activité. Il y a tellement de possibilités de développement !


10.    Vous pensez au développement, donc vous êtes dans un optique de long terme. Vous ne croyez donc pas que c’est la fin du marché des Capucins… Mais vous êtes plutôt dans une optique de renouveau.

Il y a plein de possibilité de développement ! Le week-end la clientèle est là donc ce serait dommage d’abandonner ! Un peu de nettoyage est ce marché pourrait redevenir un lieu incontournable du cœur de Bordeaux. Enfin, en tout cas si la situation ne change pas, je compte fermement ouvrir une boutique au Nord de Bordeaux ou ma clientèle pourra me trouver sans problème. Cela me permettrait aussi d’être au Nord et au Sud de Bordeaux. En attendant, l’été arrive et la fréquentation est vraiment basse pendant cette période, j’ai donc décidé d’aller faire ma saison à Hossegor.

mardi 26 avril 2011

Fan de bulles


Dans le cadre de mon stage chez Champagne JACQUART, j'a découvert un blog qui m'a particulièrement intéressée.
Le web étant aujourd'hui un outil incontournable, je tente de développer leur communication offline.

Blog à bulles, comme son nom l'indique est entièrement dédié à la communication des grandes marques de champagne. Une fois consulté on y devient aussi accro qu'au champagne!!

Complet, toujours à la pointe, on y trouve toute l'actualité des grandes marques: évènement, anniversaire, nouveau packaging, nouvelle publicité... C'est un merveilleux outil de veille concurrentielle!

Ce blog propose aussi des offres commerciales intéressantes pour les amateurs. Un seul reproche pourrait être fait: son manque d'attractivité visuelle, mais les contenus que lui fournissent les marques amènent tout de même une bonne dose d'esthétisme.

En plein lancement de sa nouvelle plateforme de marque, j'espère que JACQUART sera bientôt présent sur le blog de Marie, la créatrice de blog à bulles.

Malaise dans l'éducation nationale

Suite au suicide d'un directeur d'école dans le Rhône, Luc Chatel, ministre de l'éducation nationale, dans un numéro du Figaro de Mars 2011, a tenté de minimiser les chiffres des suicides dans son domaine. La façon dont Luc Chatel a essayé de séparer conditions de travail et les suicides a fait écho un grand nombre de fois. 
Il annonçait une moyenne de 6 suicides par an pour 100 000 enseignants alors qu'il était paru il y a quelques mois une enquête dans "Ouest France" qui parlait d'un réel problème de plus en plus récurrent.

L'éducation nationale serait un des secteurs qui engendrent le plus fort taux de suicide!
Dans de nombreux articles, la comparaison avec France Télécom est inévitable et il apparaît que les salariés de France Télécom ne sont pas les plus déprimés de France.